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L’effet Michelle arrive à la Coupe du monde : Israël regarde moins vers l’Europe et davantage vers l’Amérique du Sud ⚽

Aryeh Kalderon
Escrito por Aryeh Kalderon
6 juin 2026
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Combien d’entre nous ont déjà vécu cela ? La Coupe du monde arrive, Israël n’y est pas, mais, naturellement, nous soutenons aussi la sélection de nos origines. Si tu es Espagnol, tu regardes l’Espagne. Si tu es Français, tu regardes la France. Si tu viens d’Argentine, du Brésil, d’Uruguay, du Mexique ou de Colombie, tu regardes ce maillot qui faisait déjà partie de ton histoire familiale.

C’est ce qui nous est arrivé à moi et à mon ami Lorens, un sympathique Français avec qui nous nous retrouvions toujours pour regarder la Coupe du monde et soutenir nos favoris. Mais dans cette Coupe du monde, lors du match entre l’Espagne et le Cap-Vert, nous avons soutenu le Cap-Vert : un match émouvant, unique, où nous nous sommes surpris à crier pour une équipe que nous ne connaissions même pas. Et, sans nous en rendre compte, nous avons aussi compris que l’effet Michelle nous avait atteints, nous aussi. Voici l’article qui explique Michelle : https://notiolei.olei.org.il/edicion/742/michelle-israel-eurovision-significado

🇮🇱 La carte émotionnelle des supporters israéliens

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Selon une publication dans The Blogs de The Times of Israel, basée sur une étude de Sapio, la Coupe du monde 2026 ne change pas seulement la carte du football : elle change aussi la carte émotionnelle des supporters israéliens.

Israël arrive très rarement à la Coupe du monde. L’exception historique reste le Mexique 1970, ce souvenir lointain — je n’étais même pas né — mais qui est resté gravé dans l’histoire d’Israël comme une photo de famille en noir et blanc.

Depuis lors, pour la majorité des Israéliens, la Coupe du monde se vit par procuration. On ne crie pas pour sa propre sélection, mais pour une sélection adoptée.

Pendant des décennies, en Israël, les équipes favorites ont été choisies pour des raisons purement footballistiques. Certains sont tombés amoureux des Pays-Bas de Johan Cruyff, “l’Orange mécanique”. D’autres ont grandi en admirant l’Angleterre, le berceau du football moderne. Beaucoup ont suivi l’Italie pour sa défense solide, son élégance tactique. L’Espagne a conquis des cœurs grâce au Barça, au Real Madrid. La France a également occupé une place importante, avec Zidane, entre autres.

L’Europe, en Israël, était proche.

🌍 Mais quelque chose a changé

La carte de l’affection footballistique en Israël subit une transformation profonde, et ce n’est pas à cause du football, mais à cause de ce qui se passe en dehors du terrain.

Selon une publication de Gil Samsonov dans la section The Blogs de The Times of Israel, basée sur une étude de Sapio, la carte des sympathies des Israéliens face à la Coupe du monde 2026 montre un tournant frappant : beaucoup de supporters israéliens semblent s’éloigner de l’Europe et regarder de plus en plus vers l’Amérique du Sud.

Le chiffre central est fort : parmi les Israéliens intéressés par la Coupe du monde, l’Argentine apparaît comme la sélection la plus soutenue, avec 38 %. Elle est suivie par le Brésil, avec 24 %. En revanche, des sélections européennes autrefois aimées, ou du moins admirées, comme l’Espagne et la France, montrent une chute émotionnelle considérable.

Selon cette étude, 34 % des personnes interrogées disent soutenir moins l’Espagne que lors des Coupes du monde précédentes en raison de l’attitude et/ou des politiques du gouvernement de Pedro Sánchez.

💔 Quand le ballon ne suffit plus

Je tiens à préciser que cela ne signifie pas que tous les Israéliens pensent de la même façon. Cela ne signifie pas non plus que, soudainement, plus personne en Israël ne regardera l’Espagne, la France ou l’Angleterre. Le football ne fonctionne pas ainsi. Le supporter est contradictoire. Nous pouvons être en colère, indignés contre un pays, et admirer quand même ses joueurs, tout en profitant d’un but magnifique. Mais ce chiffre révèle quelque chose de plus profond : pour beaucoup d’Israéliens, il n’est plus aussi facile de séparer le ballon de notre situation actuelle.

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C’est précisément ce qui nous est arrivé, à Lorens et à moi. Nous soutenions le Barça jusqu’à ce qu’après le 7 octobre, ce maillot sponsorisé par le Qatar nous provoque du dégoût. Nous continuions à aimer les joueurs, mais ce maillot n’était plus tolérable pour nous. Alors, bon, il restait l’option du Real Madrid.

Avant, il était plus facile de dire : “je soutiens la France parce qu’elle joue bien” ou “j’aime l’Espagne pour le style du Barça”. Aujourd’hui, cette phrase arrive chargée d’une question inconfortable : puis-je soutenir avec la même émotion une sélection qui représente un pays dont le gouvernement, l’opinion publique ou les rues me semblent de plus en plus hostiles envers Israël ?

C’est cette fissure émotionnelle qui apparaît derrière l’étude.

🧠 La mémoire récente joue aussi

C’est triste, mais réel. Beaucoup d’entre nous ressentent ce que raconte Gil Samsonov dans The Times of Israel : notre esprit se souvient avec tendresse du football total des Pays-Bas, mais notre mémoire récente ne peut pas oublier l’antisémitisme et les agressions contre les supporters du Maccabi Tel Aviv à Amsterdam.

Le vide laissé par l’Europe est en train d’être comblé par un autre continent, et je regarde directement vers l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, l’Argentine (38 %) et le Brésil (24 %) sont, de loin, les sélections favorites en Israël.

Mais attention, ce n’est pas seulement grâce à la magie de Messi. Il y a un facteur politique qui pèse plus lourd qu’un penalty à la dernière minute : Javier Milei.

L’Argentine a toujours été admirée pour Maradona et Messi, mais elle est désormais devenue un “refuge émotionnel”. Le soutien explicite de Milei, ses visites au Mur des Lamentations et sa position sans faille en faveur d’Israël ont créé une proximité sans précédent.

🔥 Le nouveau cri depuis Israël

Israël continuera d’avancer, d’innover et de survivre. Et lors de la prochaine Coupe du monde, tandis que certains stades européens resteront des scènes de politique hostile, beaucoup d’entre nous, ici en Israël, prépareront l’asado et crieront les buts de ceux qui n’ont pas eu peur de nous appeler “frères”.

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